20 décembre 2010

Les Fêtes, c'est pas un cadeau...

Quand arrive le temps des fêtes, une sorte d’instinct me pousse à décrocher. J’ai alors envie de me retirer de cette ambiance fébrile qui nous agite comme un mouvement brownien déclenché par une force hors de nous.On ne s’appartient plus, on appartient plutôt à cet état gazeux en suspension qui se met à tournoyer et nous, infimes particules, nous perdons tout contrôle.

Je n’apprécie pas cet état. Il vient se greffer à cette condition de consommateur vorace que nous sommes déjà, de même qu’à l’abondance quasi obscène qui nous englobe. D'ailleurs vous arrive-t-il parfois de penser : « Que vais-je lui offrir comme cadeau, il, ou elle, a déjà tout? »

Nous avons déjà tout, certes. Mais il me semble que nous manquons, malgré ce tout, du réel nécessaire.

En premier de liste : du temps. S’offrir du temps pour soi, pour se reposer, mais aussi pour l’autre qui aimerait tellement qu’on le reconnaisse, qu’on l’apprécie pour ce qu’il est, qu’on lui accorde un moment, une attention. En deuxième de liste : de l’écoute. S’écouter bien sûr, mais aussi s’arrêter un peu, cesser tout babillage pour tendre une oreille attentive et entendre l’autre avec tout le respect qu’il nous est possible de lui donner.

Donner de son temps et de l’écoute attentive, en faire une tâche consciente, être déterminé dans cet accomplissement durant cette période des fêtes. Au moins durant cette courte période, si c’est trop difficile le reste de l’année.

Avec sincérité, avec humour, avec esprit, avec amour, sans rien exiger en retour, sans nous mettre en avant-plan.

S’ouvrir.

Je ne peux parler pour les autres, mais si on me demandait quel est le plus beau cadeau que j’aimerais recevoir ce serait celui-ci : une conversation, un dialogue exceptionnel avec quelqu’un d’heureux, qui écoute comme un dieu, qui questionne plutôt que d’essayer de me donner des réponses, dont la folie douce est aussi contagieuse que celle d'un enfant, mais dont le sérieux me rempli de confiance, m’allume et m’exalte, et m’accompagne sans juger.      

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