22 décembre 2010
Une carte de Noël
20 décembre 2010
Les Fêtes, c'est pas un cadeau...
17 décembre 2010
Ne rien comprendre...
15 décembre 2010
Présent!
14 décembre 2010
Le noyau dur
* Photo: Mathieu Plante
13 décembre 2010
7 décembre 2010
Un univers de mille mots
L'art et la vie
Robert Lalonde citant Constantin Paoustovski dans :"Le monde sur le flanc de la truite"
3 décembre 2010
Corrida
2 décembre 2010
Wiki... euh!

Le plus difficile est de rien exprimer de négatif sur l’autre, le laisser tranquille. Il est ce qu’il est, c’est tout. Si c’est dans sa nature de japper, il jappe, si c’est dans sa nature de « requiner, il requine ».
Mais pour le diplomate qui doit pondre un rapport, laisser une note, écrire ce qu’il pense à son responsable puisque voilà son travail, là c’est une autre affaire. Et des notes, il en laisse à profusion : des propos corsés, des jugements lapidaires, du baratinage, des observations bizarres, etc., comme nous sommes tous en train de l’apprendre présentement par les médias.
Donc, premier réflexe, de trouver jouissives les révélations faites par WikiLeaks. Comme si nous venions tout à coup de débusquer l’hypocrisie chez les grands de ce monde. Comme si nous ne savions pas que c’est dans la nature même du diplomate ou d’un représentant aux affaires étrangères que de se montrer simplement poli avec cet autre qui habite ailleurs et qui fait si peur, car il figure l’inconnu.
Nous, c’est autre chose, nous disons toujours la vérité, nous ne nous cachons jamais. La transparence irradie de notre être…
Permettez d’en douter un instant.
WikiLeaks n’a fait qu’élever au-dessus de nos têtes un miroir pour montrer ce que nous sommes.
Dostoïevski, l’écrivain russe dont il est dit qu’il apposait un regard lucide et pénétrant sur le monde a écrit ceci : « N’importe qui veut se venger de sa nullité sur quelqu’un. »
Il y a des mots et des paroles prononcés qui s’échappent sans doute souvent dans le même but.
30 novembre 2010
Les mots
29 novembre 2010
Question de point de vue
« Je suis parti pour toujours… revenir. »
Dès que ma décision fut prise de me réfugier chez moi, je sus que j’étais en partance pour un voyage exigeant ni visa ni passeport. Après plusieurs années de service au travail et dans le bénévolat, une porte s’ouvrait, un grand vent m’empoigna dans son tourbillon irrésistible et je m’engouffrai résolument, corps et esprit, dans une aventure singulière.
Tout ça sans que rien n'y paraisse. Partis pour toujours revenir, explorant tout en demeurant sur place, changeant de point de vue et de perspective à volonté. Rester de marbre au milieu de l’exaltation et de l’émerveillement.
Lors d’une maladie il y a plusieurs années, j’ai eu un premier aperçu de ce qui m’attendait. J’étais assis dans mon salon, sans énergie, perclus de fièvre. Je hurlais d’impuissance pendant qu’une amaryllis nouvellement acquise pour sa beauté révélait ses formes devant moi en me narguant. Elle croissait à vue d’œil pendant que je décroissais au même rythme. Je fermai les yeux et je me retrouvai au milieu de l’océan, seul dans une tempête sur un tout petit bateau et puis, tout à coup, la perspective changea : je regardais du haut du ciel et plus bas il y avait une fourmi sur un brin d’herbe se balançant au milieu d’une minuscule flaque d’eau. Rien de plus...
Quelques jours plus tard, nouvelle expérience. Je suis toujours assis, résolu à perdre mon temps. Une nouvelle vision apparaît aussitôt mes yeux fermés. Je suis en selle sur un cheval en course. Je m’accroche à sa crinière et il me transporte à une vitesse folle sur un étroit sentier qui grimpe sur le pourtour d’une immense montagne. Je ressens le mouvement avec force, le vent dans mon visage, la peur du vide. L’expérience dure plusieurs minutes puis je reviens dans mon salon, immobile, prisonnier de ma faiblesse, de cette maladie qui tarde à s’envoler.
Maintenant je me dis que tout est question de point de vue. Dans les moments les plus ardus, notre conscience va et vient. Immobiles, nous bougeons malgré tout. Par contre, l’agitation peut quand même nous faire reculer ou nous entrainer au fond de sables mouvants inextricables sans possibilité de remonter à la surface.
Se retirer n’est pas battre en retraite. L’activité peut se camoufler sous une apparente passivité.
Et il n’y a que nous qui le savons.
26 novembre 2010
Apprivoiser l'invraisemblable
« (…) On peut montrer que l’apprentissage nous conduit toujours vers quelque chose de plus invraisemblable et non pas toujours vers quelque chose de plus vraisemblable; plus quelque chose devient vraisemblable au sens de la théorie de la vraisemblance plus cela devient creux et inintéressant. Seul l’invraisemblable est intéressant.
La nouveauté est toujours totalement invraisemblable! »
Karl Popper, Konrad Lorenz, L'avenir est ouvert.
25 novembre 2010
Manger

Elle mangeait son pain aux raisins accoté sur la poubelle près de l’entrée de l’épicerie. Elle plongeait sa main dans un sac coloré et sortait une tranche à avaler. Rien de plus. À sec. Je l’observai quelques instants. Elle semblait satisfaite de son lunch, le peu qu’elle pouvait manger en attendant de partir, car la pluie tombait dru cette journée-là.
Manger n’est pas un luxe ou un privilège exclusif accordé à un certain nombre seulement. La faim est le symptôme d’un besoin de base pour tous. Lorsque je vois un être humain se sustenter de si peu dans un monde d’abondance comme le nôtre, je ne pense qu’à fermer les yeux et à prier pour sa survie, à imaginer un peu plus pour lui, un meilleur sort.
Je me retournai en marchant. La jeune fille tenait une autre tranche de pain aux raisins dans sa main. Moi j’avais mon sac d’épicerie plein et m’apprêtais à aller garnir mon frigo.
Pour la millième fois, je me suis dit qu’il ne fallait pas, surtout pas, gaspiller cette nourriture que je choisis avec précaution et qui me comble.
Je le répète souvent à qui veut l’entendre : j’ai en horreur le gaspillage de nourriture. Je ne peux admettre, je ne peux comprendre et accepter que tant de gens, des millions dans le monde, ne mangent pas à leur faim alors que nous jetons sans vergogne et avec dédain ce qui devrait être sacré pour nous.
C’est un grand bonheur et un honneur que de manger à sa faim.
23 novembre 2010
Le grand amusement
« Le plus beau cadeau que vous pouvez offrir à Dieu, si tant est que vous puissiez offrir un cadeau à celui qui possède déjà tout, ce plus beau cadeau serait de l’amuser... »
22 novembre 2010
Vérité et mensonge
19 novembre 2010
Rumeur

Tous les extraits suivants sont tirés du livre de Max Picard, Le monde du Silence, publié en 1954. Je les crois encore d’actualité. Le bruit est omniprésent, les rumeurs enflent, propulsées par les médias et les réseaux sociaux. Tout se dit et la quantité de mots et de pensées prédomine, dans l’espérance qu’une vérité sortira peut-être du lot comme par miracle…
Il me semble qu’une bonne cure de silence nous ferait grandement du bien.
« Dans ce monde de la machine qui est rumeur figée en fer, la parole du poète ne peut jamais prendre corps, car la parole du poète vient du silence, non de la rumeur. »
« Dans le monde de la rumeur, les événements ne sont plus différents les uns des autres, la rumeur les rend tous semblables; c’est pour cela que les événements prennent aujourd’hui de si grandes dimensions; c’est pour cela qu’ils deviennent si bruyants; on les dirait des cris; un événement semble chercher à se distancier de l’autre par du bruit puisque lui manque l’essence par quoi il peut se distinguer. »
« La rumeur nivelle tout, égalise tout, c’est une machine à niveler. Il n’y a plus d’individus, chacun n’est qu’une partie de la rumeur; l’individu n’y possède plus rien, tout est versé dans la rumeur générale. »
« Dans cette rumeur, on peut tout dire : une chose n’y est-elle pas supprimée par une autre? Tout est supprimé avant que d’avoir été prononcé; on peut y dire les choses les plus bêtes et les plus sensées, elles s’y compensent; seul compte le ton général de la rumeur et peu importe que ce ton vienne du bon sens ou de la bêtise, du mal ou du bien. C’est là l’équipement de l’irresponsabilité. »
« L’homme ne prononce pas la rumeur, c’est elle qui l’entoure de sa parlerie, pénètre en lui, le remplit jusqu’au bord et, ce qui retombe de sa bouche, c’est précisément la rumeur. »
« De même que la parole est broyée dans la rumeur, de même l’action créatrice de l’homme est écrasée dans ce processus. »
« De même que la parole se désagrège en rumeur, de même un phénomène ou un fait se désagrège en explications, en une rumeur d’explications. De même qu’il n’y a plus de parole précise, circonscrite, mais seulement encore cette vague rumeur, de même il n’y a également plus de phénomène ou de fait précis; il n’y a que vagues explications. »
18 novembre 2010
Science et silence
Comment prendre en main un esprit qui vagabonde et le ramener au présent?
Si cette question vous semble vaine et inutile, je vous recommande de lire l'article écrit par Aude Boivin Filion sur le site Branchez-vous.com.* Elle mentionne l’étude de deux psychologues d’Harvard qui ont analysé des données recueillies par 2250 individus sur leur iPhone à propos de leurs états d’âme du moment. Les chercheurs arrivent à la conclusion que les personnes sondées passent près de la moitié de leur temps à rêver à autre chose que ce qu’ils sont en train d’accomplir. Et cela a un prix. Ça générerait de la tristesse. «La capacité de réfléchir à ce qui n'est pas en train de se passer est un acquis cognitif qui a un coût émotionnel. (...) L'esprit qui vagabonde semble être le mode d'opération par défaut du cerveau », affirment les auteurs de l'étude, Matthew A. Killingsworth et Daniel T. Gilbert.
Ils affirment ainsi que la distraction est la cause et non la conséquence de la tristesse : « le niveau de détachement de l'esprit avec le présent et la direction que prennent les pensées prédisent mieux le bonheur que les activités dans lesquelles une personne est engagée ».
Alors, comment ramener notre attention sur cette conscience du présent, et cela peu importe notre activité? Existe-t-il un exercice pour contrecarrer cette tendance par défaut de l’esprit humain à vagabonder à loisir hors du présent et d’engendrer une tristesse inutile, à la limite une dépression ou une névrose?
Je crois que oui. Mais qui parle d’exercice parle de discipline, de répétition et de constance. Là est la difficulté.
Le vagabondage dans notre esprit crée une sorte de bruit néfaste qui agit à l’exemple des radicaux libres dans notre corps. Pour freiner ce bruit, il n’y a qu’une contrepartie : le silence intérieur.
Manger du silence!
Notre premier réflexe sera toujours de dire que c’est impossible. Si nous essayons une première fois, même avec une certaine conviction, nous constatons rapidement que le vagabondage reprend le dessus et que le flot de pensées s’échappe hors de notre contrôle.
Pourtant, à force d’insister et si notre intention demeure ferme, il est possible d’accentuer ce silence pour qu’il prenne corps avec nous. Nous pouvons tenter l’expérience à tout moment, avant de nous endormir, en marchant, dans une salle d’attente, seuls dans une pièce les yeux fermés. Pour déjouer nos pensées, nous pouvons aussi contempler l’image mentale d’un être cher et même prononcer un son à notre guise.
L’étude mentionnée plus haut a été publiée dans la revue Science. Je le signale ici parce qu’elle rejoint une pratique millénaire dont le mérite est de nous ramener au présent en court-circuitant le vagabondage des pensées, source de tristesse.
Ne manque plus qu’une science du silence…



