16 mai 2011

Le Son incomparable


« C’est à moi qu’est venu le Son incomparable; il ne provient
Ni du dedans ni du dehors.
Il ne vient pas non plus de la gauche ni de la droite
Ni de l’arrière ni de l’avant.

On me demande donc : d’où vient-il?
Il vient de cette direction où tu désires aller
Tu me demandes donc : de quel côté se tourner?
Du côté d’où vient l’Époux,

De cette direction d’où le murissement vient au fruit,
De cette direction d’où les pierres deviennent diamants.
Sois silencieux et écoute les cinq sens du ciel,
De ce ciel qui est au-delà de toute orientation.

À chaque moment de la vie, ce Son merveilleux
Descend de la cour du ciel.
Fortuné, plus que tous les enfants des hommes,
Est celui qui se laisse enchanter par ces mélodies. »

 Shams de Tabriz 

5 mai 2011

Ciel! Une science de la religion!


« Comment se fait-il que pratiquement aucune grande religion ne se soit tournée vers la science et en ait conclu : “C’est mieux que nous le pensions! L’Univers est bien plus grand que ne le disaient nos prophètes, plus grandiose, plus subtil, plus élégant! ” Elles disent plutôt : “Non, non, non! Mon dieu est un petit dieu, et je veux qu’il le reste!” Une religion, ancienne ou nouvelle, qui mettrait l’accent sur la splendeur de l’univers telle que la révèle la science moderne pourrait s’attirer beaucoup plus de vénération et de respect que les religions traditionnelles. »

Carl Sagan


"Sauter ou mourir"


« Toute véritable pensée (scientifique, philosophique, artistique, etc.) est toujours une pensée amoureuse du réel, une pensée qui ne peut comprendre le monde ou en supporter l’immensité qu’en plongeant “dans la réalité du cœur” (…) Alors, devant l’infini des astres s’ouvre l’infini de l’Âme et le sentiment s’amplifie. »

Jean Bédard (cité par Yvon Rivard, Une idée simple, Boréal)


3 mai 2011

Faire le bien

                                                                                                            « Là où se lève l’aube du bien,
                                                                                                             des enfants et des vieillards
                                                                                                             périssent, le sang coule. "                                                                         
                                                                                                     Vassili Grossman           


Le procès actuel d’un médecin respecté nous démontre à quel point la ligne de démarcation demeure mince entre une souffrance endurée avec courage et abnégation et le bascule dans l’horreur de la tuerie afin d’étouffer définitivement cette même souffrance. Ce médecin pratiquant dans le Nord de Montréal a tué ses deux enfants de 5 et 3 ans en 2009 puis attenté à sa vie suite à une séparation avec sa femme.

Des drames de ce genre, il y en a partout sur la planète. Et la tragédie est d’autant plus grande lorsque se sont des enfants qui sont mis en cause.

Ce que je retiens de ce procès, c’est la raison ou la justification d’un tel geste que nous donne ce père. Il aurait tué ses propres enfants afin qu’ils ne souffrent pas de cette séparation. Il serait passé à l’acte pour leur bien.

Assassiner ses propres enfants pour leur bien!

Ce n’est pas à moi de juger cet homme. Mais comme justification, avouez que c’est gros et difficile à comprendre.

Les pires méfaits sont commis au nom de ce bien qui résonne comme une obsession dans la tête d’individus ou de groupes organisés. À moins d’être un fou ou un psychopathe avéré qui se délecte de la mort ou de la souffrance, nous avons tout de même conscience de cette possibilité de poser un geste extrême et donc d’y renoncer en toute liberté. Nous pouvons nous raisonner, mettre un holà à nos gestes, nous dire que c’est mal. Alors, pourquoi, malgré tout, attenter à la vie de nos proches, pourquoi tuer sans aucune mesure, pourquoi ce laisser aller soudain ou planifié comme si l’autre devant nous n’avait plus aucune importance, comme si le mal n’avait plus aucune existence? 

On serait tenté de dire qu’il y a là une évidence. Pourquoi même y réfléchir?

Pourtant, faire le bien peut être dangereux.

Dans son livre « Mémoire du mal, tentation du bien », Tzvetan Todorov mentionne que « si bien et mal sont consubstantiels à notre vie, c’est qu’ils résultent de la liberté humaine, de la possibilité que nous ayons de choisir à tout instant entre plusieurs options. » Il poursuit en précisant que « les hommes ne font pas le mal pour le mal, ils croient toujours poursuivre le bien; simplement, il se trouve qu’en cours de route ils sont amenés à faire souffrir les autres. La poursuite du bien, dans la mesure même où elle oublie les individus qui devraient en être les bénéficiaires, se confond avec la pratique du mal. Les souffrances des hommes proviennent même plus souvent de la poursuite du bien que celle du mal. »

Les propos de Todorov concernent avant tout le contexte social et politique qui a prévalu au 20e siècle et qui a dégénéré sous la forme du totalitarisme tel que pratiqué par les nazis ou Staline.

Je crois cependant qu’ils s’appliquent tout autant à chaque individu qui se met en tête de vouloir le bien, à le rêver pour ses proches, à l’idéaliser de sorte que ce bien finit par devenir une abstraction en dehors de toute considération pour la vie et l’intégrité de l’autre là devant, concret.

Tuer, faire souffrir ne se justifie pas par l’amour ou par le bien que nous désirons ou que nous érigeons en valeur. La dignité de toute personne, que ce soit un proche ou un étranger, exige plutôt la pratique assidue de cette « petite bonté », de cette bienveillance commune à tous les êtres qui se refusent à vouloir extirper le mal à tout prix de la terre. 


27 avril 2011

La Réalité ou sa représentation...


« Le grand obstacle, c’est toujours la représentation et non la réalité. La réalité, on la prend en charge avec toute la souffrance, toutes les difficultés qui s’y rattachent – on la prend en charge, on la hisse sur ses épaules et c’est en la portant que l’on accroît son endurance. Mais la représentation de la souffrance – qui n’est pas la souffrance, car celle-ci est féconde et peut vous rendre la vie précieuse – il faut la briser. Et en brisant ces représentations qui emprisonnent la vie derrière leurs grilles, on libère en soi-même la vie réelle avec toutes ses forces, et l’on devient capable de supporter la souffrance réelle, dans sa propre vie et dans celle de l’humanité. »

Etty Hillesum, Une vie bouleversée.

21 avril 2011

Célébrer notre ignorance


« Il convient de célébrer notre ignorance. Il s’agit d’une forme de perplexité constituée d’émerveillement devant ce qu’on sait déjà, sans doute, mais surtout devant l’immensité et la profondeur de ce qu’il reste à découvrir, à chercher, même parmi les réalités les plus familières. »

Thomas De Koninck, De la dignité humaine.

18 avril 2011

Hypérion


Vous ne sortirez pas indemne de la lecture du cycle d’Hypérion de Dan Simmons. Cependant, je ne vous recommanderai pas cette lecture, car nous avons affaire ici à de la science-fiction, genre mineur de la littérature. Lire est inutile alors imaginez lire de la science-fiction… Ce n’est pas sérieux!

Dans la jeune vingtaine, je me suis intéressé à ce monde. J’ai lu le cycle de Dune de Frank Herbert. J’ai lu de nombreux ouvrages de Robert Silverberg, Isaac Asimov, Ray Bradbury, Arthur C.Clarke ainsi que d’autres écrivains qui ont tout même apporté leurs lettres de noblesse à ce genre littéraire. Puis je l’ai délaissé quelque peu. J’ai tout de même garni ma bibliothèque de nombreux livres de science-fiction et je les conserve encore, un peu par nostalgie, comme pour me rappeler que l’imagination demeure la faculté reine de tout être humain.

Je reviens à Dan Simmons. Huit volumes en livre de poche : Hypérion et la Chute d’Hypérion suivi d’Endymion et L’Éveil d’Endymion.

Un univers.

Un univers qui anticipe de façon tellement pertinente, précise et grandiose un futur possible de l’humanité pour les mille ans à venir qu’il ne détonnerait absolument pas dans le concert des prédictions de savants et humanistes reconnus.

Vous ne sortirez pas indemne de cette lecture, je peux vous le garantir!


13 avril 2011

L'étonnement


« Nous ne savons pas comment expliquer ni si l’on peut expliquer le fait que nous vivions sur cette merveilleuse petite planète, ou comment il se fait qu’il y ait ceci : la vie, qui fait toute la beauté de notre planète. Mais nous sommes là, et nous avons toutes les raisons de nous en étonner et d’en trouver de la gratitude. »

Karl Popper, À la recherche d’un monde meilleur.

10 avril 2011

"Les ailes du désir"


Dans son film, Les ailes du désir, le réalisateur Wim Wenders met en scène des anges qui veillent sur les humains en circulant parmi eux à différents endroits de Berlin juste avant la chute du mur. Nous les voyons en train de recueillir leurs pensées intimes, leurs monologues intérieurs. Ils écoutent attentivement et assistent au déploiement des vies qui se dessinent devant eux. Un de ces anges devient un jour si séduit et touché par la grâce d’une trapéziste qu’il désire à tout prix partager enfin une existence de mortel avec elle.  

Je tiens moi aussi à veiller (m’émerveiller), mais à l’envers de ce que font les anges dans le film de Wenders. Je suis curieux du trésor qu’apporte mon semblable à cette existence. Je désire le connaître et le partager avec lui à travers l'enchevêtrement des doutes et des douleurs, des cris et des rires, des propos absurdes, de l'aveuglement et de l’incompréhension. Ce trésor, c’est tout ce qui exprime une recherche de sens et de beauté, une recherche assoiffée de vérité.

J’ai souvent souhaité rencontrer l’autre dans ce qu’il a de plus vrai, d’unique et d’authentique. Par delà l’apparence et la cuirasse épaisse de l’égo, j’ai cherché l’essence, le noyau, la part intime de son être. C’est avec cette part que je désire entrer en communication, car le reste n’abrite que le superflue, un superflue qui inonde la personnalité de scories et de résidus et qui n’apporte que distractions inutiles.

Je demeure fortement convaincu qu’une vie réussie, pleinement réussie, ne peut que passer par le tamis d’une recherche constante de sens et de beauté, quels que soient les difficultés, les manques et les laideurs qui se profilent devant nous et auxquels nous sommes confrontés.

À quelques reprises, j’ai assisté à la détresse et à la confrontation avec l’abime de gens qui se voyaient devant une mort assurée en raison d’une maladie incurable. En d’autres occasions, j’ai aussi perçu le bouleversement de certains autres face à la mort d’êtres chers. J’ai pu alors trouver une part de vulnérabilité et de fragilité chez eux, qui se transformaient par la suite en une prise de conscience et une recherche profonde de sens.

Je me demande pourtant, en toute naïveté peut-être, pourquoi attendre l’arrivée d’événements tragiques comme celle de la mort ou encore celle de maladies graves pour enfin s’ouvrir un tant soit peu à une recherche sincère et approfondie de sens.

Pourquoi attendre?

Pourquoi attendre notre vieillesse pour nous poser quelques questions judicieuses? Pourquoi attendre que notre énergie soit à son déclin pour entamer l’examen et la contemplation de notre vie? Pourquoi attendre une fin alors que dès maintenant il est possible de créer du sens avec ces matériaux inépuisables que sont la beauté et l’amour?

Pourquoi attendre? Qu’est qui nous distrait tant et avec une telle force de notre obligation de sens?       

7 avril 2011

Imaginer

« Puissions-nous toujours imaginer! »

  Gaston Bachelard

Le berger de l'Être


« Le vivant, animal ou humain, apparaît dans l'étant [c'est-à-dire le donné banal, usuel et disponible]. Sous cet angle, l'homme est un étant parmi d'autres. Mais cela suffit-il pour penser l'essence de l'homme dans sa provenance? Non, dit Heidegger, car l'homme a le langage pour abri et doit répondre à la revendication de l'Être. La manière humaine d'être est ce qu'il appelle l'ek-sistence : il déploie librement son essence en tant qu'éclaircie de l'Être. Cette éclaircie est son monde. Certes l'homme s'expérimente comme personne ou comme sujet, mais sa dignité, sa grandeur est ailleurs, elle est dans l'extase devant la vérité de l'Être. C'est là qu'il est jeté. Il n'en décide pas. Son destin est de veiller sur la vérité de l'Être. Bien qu'il s'en tienne toujours, d'abord, à l'étant, il est le berger de l'Être. » 

Question III et IV , éd. Gallimard ( in site internet idixa. net)

Esprit de groupe


« Même un petit groupe est régi par un esprit de groupe, source de suggestion. Quand il est bon, il peut avoir de très bons effets, mais au prix de l’autonomie spirituelle et morale de l’individu. Le groupe renforce le moi… Le Soi, au contraire, est diminué et repoussé à l’arrière-plan au profit de la moyenne… Mais en raison du penchant notoire des êtres humains à se cramponner aux autres et à des “ismes” au lieu de trouver en eux-mêmes la sécurité et l’autonomie dont ils ont besoin avant tout, il existe le danger que l’individu fasse du groupe son père et sa mère et demeure alors aussi dépendant, aussi incertain et aussi infantile qu’avant. »

Carl Jung  
Tiré du livre : Psychothérapie, l'expérience du praticien par M-L Von Franz

6 avril 2011

L'acupuncture pour les nuls


Tout le temps, je me pose les mêmes questions : comment diable ça fonctionne, comment est-ce possible?

La première fois, je me suis rendu à mon rendez-vous juste après m’être tapé une douzaine de parties d’échecs en blitz avec un ami. Blitz veut dire ici des parties de cinq minutes chronométrées avec un pendule. Blitz veut dire vitesse, concentration intense, donc stress à son degré le plus déraisonnable, qui rend fou, ou presque.

J’étais donc tendu comme un cordon de sécurité autour du lieu d'un attentat lorsque je m’installai sur la couche pour accueillir ces petites aiguilles toutes mignonnes sur l’étendue de mon corps. On m’avait dit le plus grand bien de l’acupuncture. Je n’en doutais pas, mais j’étais dans l’expectative. Ouverture et curiosité, je me disais. Je me souviens en particulier d’une aiguille plantée dans le poignet ou la main et qui travailla très fort si je me fie à son acharnement à me creuser une vrille de douleur. Je le mentionnai à la thérapeute. Signe de grand stress, qu’elle me dit. Tiens donc!

Quand j’y retourne, c’est pour différents maux et problèmes qui vont et viennent. Je me fais humble, à l’écoute et aux bons soins de mon thérapeute. Je m’abandonne sans chercher à comprendre. Et ça marche!

Une proche connaissance me raconta avoir consulté un acupuncteur suite à un gros problème de constipation. Elle était enceinte. Elle se rendit à son traitement, le premier et unique. En sortant de la clinique l’effet escompté se produisit sans crier gare, et c’est de peine et de misère qu’elle eût juste le temps de mettre les pieds dans sa maison pour exprimer son profond soulagement…

J’ai demandé à mon « piqueux » quel fut le résultat le plus éclatant d’un traitement qu’il a déjà donné. Il me parla d’un couple qui essayait désespérément de faire un enfant. Les deux personnes subirent en même temps un traitement. Un seul suffit. La dame tomba enceinte subito presto. Que dire? C’est l’effet placebo, une intervention divine, un pur hasard? Je veux bien, mais pourquoi ne serait-il pas plus simple d’y voir le résultat d’un traitement efficace qui a fait ses preuves à travers les âges — depuis 5000 ans selon la tradition, 2000 ans selon les textes —?

Ça n’a pas de sens, disent les sceptiques et les scientifiques matérialistes purs et durs. Évidemment, si l’on considère l’humain comme une poche de terre animée par un ordinateur il y a lieu de s’interroger. Pourtant,  nous mentionne David Servan-schreiber dans son livre Guérir : « Dans les dix dernières années, les progrès de l’imagerie du cerveau en action ont démontré que la stimulation par les fines aiguilles d’acupuncture contrôle directement des régions clés du cerveau émotionnel. Une séance d’acupuncture aurait une influence directe sur l’équilibre entre les deux branches du système nerveux autonome. Elle augmenterait l’activité du parasympathique, le frein de la physiologie, aux dépens de l’activité du système sympathique, l’accélérateur. Elle favoriserait la cohérence du rythme cardiaque et de façon plus générale, permettrait de ramener le système à l’équilibre. »  

Suffisant pour convaincre ces mêmes sceptiques? Jamais. Comme nous dit l’auteur Louis Dumur dans ses Petits aphorismes : « Le souvenir des plus cruelles souffrances morales ou physiques est moins désagréable que celui de minimes piqûres de l'amour-propre. » 
  

5 avril 2011

Ô Liberté!


« Peu d'événements peuvent mieux illustrer les travers plus répugnants du genre humain que celui impliquant un pasteur chrétien brûleur de Coran et les foules musulmanes répliquant par le massacre. On voit ainsi se dévoyer l'une des grandes conquêtes de la civilisation occidentale, celle de la liberté d'expression. Pour contempler ensuite le naufrage de la ferveur religieuse dans un gouffre de vengeance et de mort. »

Mario Roy. La Presse 


29 mars 2011

"Sauvé", la planète


« On n’est que poussière, méfiez-vous des plumeaux! »

André Sauvé

28 mars 2011

Wang Liang - Hautboïste

Nous irons "Hautbois"


J’ai entendu et vu jouer du hautbois pour la première fois vers l’âge de 10 ans. Un instrumentiste de l’orchestre symphonique de Québec faisait la tournée des écoles de notre région. On nous rassembla dans la grande salle pour rencontrer le personnage et profiter de sa présence inusitée. Il se tint devant nous sans un mot et exécuta alors une mélodie qui nous envouta littéralement. Je me souviens que nous étions tous suspendus devant les notes, charmés tels des serpents. Cette musique me semblait tout droit sortir du ciel et me toucha comme une caresse à la fois délicate et enveloppante.

Depuis lors, j’ai maintes fois écouté le concerto pour hautbois de Mozart. Toujours, j’ai été ravi. Je n’oublierai jamais aussi l’effet produit par cet instrument lorsque j’ai visionné pour la première fois le film de Roland Jaffé, The Mission. La musique composée par E. Morricone valait à elle seule le prix d’entrée.

Ces souvenirs sont indélébiles. Et ils me reviennent à l’esprit lorsque je lis le compte-rendu d’une entrevue qu’a accordée Liang Wang à la presse lors de son passage à Québec pour un concert en compagnie des Violons du Roy. Liang Wang est hautboïste soliste pour le New York Philharmonic.

Selon lui, « la musique est en nous avant la naissance. Elle fait partie de l’âme. C’est la raison pour laquelle elle a le pouvoir de résonner chez les autres. »

C’est ce pouvoir de résonnement qui me frappe d’abord dans la texture du son du hautbois. Cette sonorité vient nous chercher dans ce que nous avons de plus profond, car elle est pénétrante. Elle touche l’âme de l’auditeur, elle le fait vibrer pour l’inciter à s’exprimer à son tour.

Je ne suis donc pas du tout surpris de lire ces mots que nous livre aussi ce jeune hautboïste de trente ans : « Pour moi, l'âme existe avant la naissance. Il est possible de connaître cette partie de soi qui permet de découvrir ce vers quoi on se sent appelé. Je ne suis pas religieux, mais je crois en la spiritualité. Je crois fermement en ce que je peux faire et en ce que je représente. Je ne pourrais supporter l'idée de n'avoir pas apporté ma contribution, de n'avoir pas donné toute la musique que j'ai en moi.»

22 mars 2011

Permis de conduire


Cette vie sur terre n’a qu’un seul but, celui de nous démontrer hors de tout doute que nous avons toutes les habiletés requises pour la conduire sans nous blesser mortellement.

Se retourner


Seule la poursuite de la réalisation de Soi donne un sens réel et profond à notre vie. Tout le reste n’est que jeu et divertissement, pour peu que cela nous amuse de tourner en rond...

16 mars 2011

La création selon Robert Lalonde


Tiré d’un entretien dans La Presse du samedi 12 mars 2011, voici ce que pense le merveilleux écrivain Robert Lalonde sur la création, ou plus particulièrement le fait de s’arrêter pour écrire.

« S’arrêter pour regarder n’est pas une perte de temps, encore moins lorsqu’on est écrivain. C’est en fait une effervescence. Il y a une espèce de bonheur dans l’inutilité immédiate de la chose, confie-t-il. Robert Lalonde enseigne la création littéraire à l’université et il se dit toujours éberlué par l’impatience de ses étudiants, qui veulent mettre le doigt sur le génie tout de suite. Je leur ai demandé l’autre jour ce qu’ils trouvaient le plus difficile dans le travail d’écrire. La plupart m’ont répondu : cesser d’écrire sur Facebook. Les deux bras me sont tombés. Ils n’écrivent que là et ne se ressourcent pas ailleurs que dans leur vécu! Pourtant, en philo, on parle de plus en plus de l’acceptation du vide. De ne pas lutter et de ne pas vouloir meubler ça. Tous les écrivains et les artistes que je cite ont souvent en commun d’avoir éprouvé le vide à un moment ou à un autre de leur vie. On arrive généralement à la création par un manque, un trou, un vide, une absence. »